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Le fascisme de proximité, c'est quand trois adolescents de quatorze ans en coincent un quatrième contre la porte des WC pour le faire avouer sur le ton "allez, quoi, dis-le que t'es pédé". Dix ans plus tard le tableau ne change guère. Après une licence de socio, une douzaine de colloques freudiens et l'intégrale de Brétecher, les mêmes accusateurs, les animateurs qui gagnent trente mille euros, les gens qui vont déjeuner à quinze convives chez Laurent, désignent n'importe qui dans la vie sociale pour lui faire cracher le morceau en public. Allez, dis-le que t'es homo. Allez, tu verras, tu seras soulagé. La rédemption n'est pas loin. Tu pourras rejoindre le camp des gens bien, ceux qui vivent dans la transparence, ceux qui attendent d'autrui la clé de leur propre fonctionnement.

C'est curieux, mais ce sont les mêmes mots qu'employaient jadis les tortionnaires pour faire tomber un réseau. Un député par ci, un archevêque par là. Allez monseigneur, dites-nous que vous êtes de la jaquette, vous vous sentirez mieux après. On donne, de tous les réticents aujourd'hui, l'image de gens qui s'ignorent, qui ne veulent pas le dire, qui ne veulent pas du mariage gay parce qu'ils ne s'acceptent pas eux-mêmes. Ils devraient se faire soigner, puisque les autres les jugent malades. C'est à peine si, sur le sujet, on leur reconnaît la faculté de réfléchir.

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