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Quand on fréquente un peu, ne fût-ce que par Skype, le milieu des chercheurs californiens en endocrinologie et en neurologie, quand on lit les travaux du Pr. Simon Baron-Cohen qui travaille en ce moment sur l'hyper-masculinité dans le silence des médias du sud de l'Europe, on s'avise très vite que la vérité scientifique dans certains pays ressemble à ces terres de l'Arizona avant la conquête: elle appartient à tout le monde. Il n'y a pas de clôture. Pour ce qui est de la pensée scientifique en général, le monde américain et l'université anglaise n'ont pas le sens du territoire, sans doute en raison du mode de financement des recherches. Aucune pensée officielle ne se dégage du corps administratif au point d'intimer, aux chercheurs, la consigne de ne pas aller par là. En Europe et singulièrement en France où le corps social, l'enseignement, les grandes écoles, la Recherche sont obsédés par les mêmes tabous idéologiques et ne touchent pas à ce qui peut ruiner une carrière, la question des gènes concernés par l'homosexualité n'est pas abordée, ou ne l'a pas été depuis la guerre. Le hiatus entre le monde américain et le nôtre est devenu criant. Cela ne veut pas dire que du côté américain, le résultat des recherches n'est pas sérieusement mis en doute dans la presse, à l'occasion, ni contrôlé par une sorte de contre-pouvoir du commentaire, mais au moins quelqu'un a pu mener ces recherches. Chez nous il n'est pas seulement interdit de prétendre qu'on a trouvé quelque chose, il est carrément interdit de chercher.

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